Dix sept heures! j'évite, j'esquive, j'allonge le pas chaque fois que c'est possible. Comme dynamisé par la foule, je me presse. Je réalise soudain, avec un certain amusement, que je me laisse gagné par une fièvre, contre laquelle je suis pourtant, momentanément immunisée. Fourmi parmi les fourmis, j'ai ce rare privilège, en ce jour de novembre, de ne pas être obsédé par le quart d'heure qui suit. Rien dans mes perspectives de cet fin d'après-midi ne justifie cette soudaine frénésie. Le froid qui sévit doit être le facteur inconscient qui me pousse à m'activer. (Une mauvaise excuse pour ne pas admettre que je suis comme mes autres congénères, conditionné, façonné, endoctriné, par une société du toujours plus et surtout plus vite.)
Les caprices d'une bise glaciale me font admettre qu'une boisson chaude serait la bienvenue. Je me décide et me laisse séduire par cette option. Je pénètre dans la première brasserie que je trouve sur mon chemin. Je suis tout d'abord surpris par le faste de ce lieu. Vaste salle au plafond très haut, ornée de moulures dorées. Un lustre à la majesté imposante règne en maître incontesté sur l'espace et la décoration. Datant sans doute du début du siècle passé, voir fin 19 ème, on ne peut qu'être admiratif par l'état de conservation de l'ensemble. Pour un tel résultat, le propriétaire ne peut être qu'un amoureux de ces lieux. Mais comment ne pas être séduit par une telle architecture ? Des miroirs le long des murs augmentent cette impression de grandeur.
Peu de places assises libre. Concentration de quidams qui s'accordent un moment de détente, après une dure journée de labeur, avant de replonger dans l'obsessionnelle course contre le temps. Dans le fond de la salle, un large escalier mène à une mezzanine qui surplombe le tout et vous permet d'apprécier de plus près, le talent et le savoir-faire de nos anciens. C'est là que je trouve un petit espace pour poser ma modeste personne. A ma droite un homme seul, semble dubitatif devant une missive dactylographiée. (eh oui ! je m'imprègne de l'atmosphère de la belle époque) Plume à la main, il semble manquer d'inspiration pour répondre ou commenter ce texte. A ma gauche, un homme aux cheveux grisonnants, déploie mille arguments pour convaincre une toute jeune femme des avantages et bienfaits qu'elle pourrait tirer, en s'investissant en politique. Je me dis que malgré son jeune âge, cette charmante demoiselle doit avoir un gros potentiel, pour qu'un monsieur qui semble avoir des responsabilités en la matière, déploie autant d'énergie pour rallier à sa cause cette Ségolène en herbe.( si toutes fois il s'agit du parti socialiste...?)
A la table située devant moi, deux femmes s'installent. La personne qui me tourne le dos peut apercevoir ma silhouette se refléter dans la glace qui lui fait face. Jolie brune au visage sans expression. Il est curieux, comme un regard échangé avec une inconnue, peut vous intriguer. Vous, je ne sais pas, mais moi je ressens souvent une certaine frustration de ne pas avoir la faculté de lire, pendant ce bref instant, dans les pensées de l'autre. (peut-être, me direz vous, qu'il est préférable de ne pas savoir, sous peine de déconvenues) Certes! mais je ne peux m'empêcher, chaque fois, de me poser cette question.
-Quelles réflexions se font les femmes, au moment précis où leurs yeux croisent les vôtres...?
La réaction est forcément différente en fonction de la personne et de son humeur. C'est sans doute cela qui pimente la situation. Ce mystère restera entier et c'est sans doute mieux ainsi. Je reviens à ma réalité et à cette jolie femme brune. Absorbée par la conversation qu'elle entretient avec son amie, j'imagine qu'elle ne sait pas arrêter à ce genre de considérations. (là, je ne prends pas de risques!) Pour éviter tous malentendus, je concentre mon attention sur les allés et venus. Un brouhaha sourd, presque contenu, me fait penser, je ne sais pourquoi, à un hall de gare. Le volume de ce lieu doit y être pour beaucoup. Un serveur, chemise blanche et petit gilet s'affaire méthodiquement. Gestes nerveux, mais très professionnels. Un coup d'oeil dans ma direction, et il se précipite.
-Et pour monsieur ?
-Un petit noir, s'il vous plaît !
Les caprices d'une bise glaciale me font admettre qu'une boisson chaude serait la bienvenue. Je me décide et me laisse séduire par cette option. Je pénètre dans la première brasserie que je trouve sur mon chemin. Je suis tout d'abord surpris par le faste de ce lieu. Vaste salle au plafond très haut, ornée de moulures dorées. Un lustre à la majesté imposante règne en maître incontesté sur l'espace et la décoration. Datant sans doute du début du siècle passé, voir fin 19 ème, on ne peut qu'être admiratif par l'état de conservation de l'ensemble. Pour un tel résultat, le propriétaire ne peut être qu'un amoureux de ces lieux. Mais comment ne pas être séduit par une telle architecture ? Des miroirs le long des murs augmentent cette impression de grandeur.
Peu de places assises libre. Concentration de quidams qui s'accordent un moment de détente, après une dure journée de labeur, avant de replonger dans l'obsessionnelle course contre le temps. Dans le fond de la salle, un large escalier mène à une mezzanine qui surplombe le tout et vous permet d'apprécier de plus près, le talent et le savoir-faire de nos anciens. C'est là que je trouve un petit espace pour poser ma modeste personne. A ma droite un homme seul, semble dubitatif devant une missive dactylographiée. (eh oui ! je m'imprègne de l'atmosphère de la belle époque) Plume à la main, il semble manquer d'inspiration pour répondre ou commenter ce texte. A ma gauche, un homme aux cheveux grisonnants, déploie mille arguments pour convaincre une toute jeune femme des avantages et bienfaits qu'elle pourrait tirer, en s'investissant en politique. Je me dis que malgré son jeune âge, cette charmante demoiselle doit avoir un gros potentiel, pour qu'un monsieur qui semble avoir des responsabilités en la matière, déploie autant d'énergie pour rallier à sa cause cette Ségolène en herbe.( si toutes fois il s'agit du parti socialiste...?)
A la table située devant moi, deux femmes s'installent. La personne qui me tourne le dos peut apercevoir ma silhouette se refléter dans la glace qui lui fait face. Jolie brune au visage sans expression. Il est curieux, comme un regard échangé avec une inconnue, peut vous intriguer. Vous, je ne sais pas, mais moi je ressens souvent une certaine frustration de ne pas avoir la faculté de lire, pendant ce bref instant, dans les pensées de l'autre. (peut-être, me direz vous, qu'il est préférable de ne pas savoir, sous peine de déconvenues) Certes! mais je ne peux m'empêcher, chaque fois, de me poser cette question.
-Quelles réflexions se font les femmes, au moment précis où leurs yeux croisent les vôtres...?
La réaction est forcément différente en fonction de la personne et de son humeur. C'est sans doute cela qui pimente la situation. Ce mystère restera entier et c'est sans doute mieux ainsi. Je reviens à ma réalité et à cette jolie femme brune. Absorbée par la conversation qu'elle entretient avec son amie, j'imagine qu'elle ne sait pas arrêter à ce genre de considérations. (là, je ne prends pas de risques!) Pour éviter tous malentendus, je concentre mon attention sur les allés et venus. Un brouhaha sourd, presque contenu, me fait penser, je ne sais pourquoi, à un hall de gare. Le volume de ce lieu doit y être pour beaucoup. Un serveur, chemise blanche et petit gilet s'affaire méthodiquement. Gestes nerveux, mais très professionnels. Un coup d'oeil dans ma direction, et il se précipite.
-Et pour monsieur ?
-Un petit noir, s'il vous plaît !
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