vendredi 23 juillet 2010

Je reviens à ce blog. En général chacun s'inspire de son état émotionnel et psychologique du moment, pour s'exprimer dans ce genre de site... Cela permet de partager une période heureuse ou un état de satisfactions, d'interrogations, voir de colère. Je m'interroge aujourd'hui d'une manière plus globale. Moins sur des événements vécus que sur les changements que l'on peut constater dans la manière d'être et de penser de l'humain. Est-ce le fruit de mon imagination ou y a t'il vraiment une transformation de la psychologie humaine ? Une autre manière d'aborder la vie...??? De tous temps l'homme s'est intéressé au spirituel. Qu'est-ce que la vie ? Qui sommes nous réellement ? Que se passe t'il après la mort ? Que cela soit sur internet ou autour de moi, je constate un intérêt grandissant pour tout ce qui concerne la métaphysique. Comme si insidieusement un changement de perception sur tout ce qui nous entoure, y compris sur nous-même se mettait en place. Pendant des siècles les religions ont pourvu à cette soif de savoir, de comprendre... Paradoxe; les religions s'essoufflent, et ont de moins en moins de crédits auprès des populations au profil d'un intérêt grandissant pour ce que l'on appelle l'âme, l'esprit, et la corrélation, non seulement entre le corps et l'âme mais aussi sur notre place et notre fonction dans ce monde dense...??? Il semble y avoir les prémisses d'une nouvelle façon d'aborder l'inconnu, ou si vous préférez, ce que j'appellerai l'invisible... Une prise de conscience d'un possible... Commencer à imaginer que l'on peut s'approcher de l'inconnu tout en ayant conscience que l'inconnaissable ne peut être atteint. L'expression scientifique; chercher dans l'infiniment petit pour comprendre l'infiniment grand, semble n'avoir jamais été autant d'actualité dans le questionnement de chacun. Chercher au plus profond de soi la corrélation entre ce que nous sommes et l'immensité de ce qui nous entoure dans une approche spirituelle...
Je reprendrai cette réflexion dans un prochain message. J'aimerai avoir votre avis sur cette transformation spirituelle (si transformation il y a...) et comment VOUS ! vous percevez ces nouveaux ressentis ?
Au plaisir de vous lire !!!

samedi 3 avril 2010

Dualité: regard sur un mal qui nous gangrène...

Le bien, le mal ... Une dualité qui influe sur nos comportements. Nous sommes constamment confrontés à des situations qui impliquent l'intervention de notre conscience.
Qu'est-ce qui amène nos décisions ?
Il y a les règles considérées comme incontournable de notre société. Règles qui sont imposées pour permettre de vivre dans nos communautés sans nuire à l'intégrité de chacun et ce, dans le respect de valeurs considérées comme essentielles pour le bien être de tous.

(Liberté, égalité, fraternité... La base de ce qui est sensée être les fondations de notre constitution...??? Symboles gravés aux frontons de nos mairies...
Nos libertés sont extrêmement restreintes. L'égalité est inexistante. La fraternité est la valeur symbolique que défendent des marginaux qui s'accrochent désespérément à un espoir illusoire, qui va à contre sens des intérêts de nos sociétés.)

Le système nous oblige à rester dans le cadre de la loi. Nous sommes dans une première analyse, d'une situation donnée, obligés de tenir compte de contraintes que nous imposent ces lois.
Notre conscience nous dicte un comportement adapté selon notre propre conception de ce qui est juste. ( cela à condition que l'on soit motivé par des valeurs humaines et non sur une notion de profit. )
L'analyse en conscience butte très souvent, sur ces valeurs imposées qui ont été détournées de leurs sens premiers.
Il nous faut alors trouver un compromis entre ce qui nous semble humainement juste, et les contraintes que nous imposent la société.

Cette influence sur notre conscience n'est pas la seule.
La dualité entre le bien et le mal, est le moyen utilisé par des manipulateurs d'idéaux (qu'ils soient politiques ou religieux ) pour asservir l'homme. Un politicien demandera au peuple de se sacrifier pour défendre la patrie. La religion demandera de suivre ses préceptes, pour sauver nos âmes... Dans les deux cas il s'agit d'asseoir un pouvoir sur les masses populaires.
La patrie... Un concept qui a pour objectif d'entraîner la nature humaine vers une dérive voulue et conçue pour imposer une vue de société qui à pour objectif premier: s'imposer !!! et imposer une conception idéologique basée sur des valeurs qui ne sont qu'illusions.
La religion a manipulé un possible dont nous ignorons tout, en se servant bassement de ce qui est le moteur de notre volonté d'être et d'exister. Je parle de l'espoir en un devenir qui va bien plus loin que notre existence terrestre. Car l'homme a besoin de cet espoir, de cette espérance pour exister.

Entretenir la peur est l'arme la plus souvent employée. Culpabiliser pour mieux manipuler. Diviser pour mieux régner. Responsabiliser sur des bases soigneusement étudiées pour arriver à imposer...

La situation de notre monde est le résultat de cette dualité soigneusement entretenue.
Depuis la nuit des temps, le chemin emprunté par l'homme, est balisé, orchestré par la folie et l'égoïsme d'une minorité, qui de générations en générations, siècle après siècle a détourné la nature humaine de son potentiel naturel, qui est celui du partage et de la solidarité.
Le bien et le mal existe uniquement dans cette conception de société que nous avons créé.
Si nous concevions un monde réaliste en ayant conscience de ce qui est réellement important, un monde basé sur le respect, le partage et la solidarité, cette volonté de posséder à tous les niveaux, ne pourrait exister. Les frontières n'auraient plus lieu d'être, nous ne connaîtrions pas l'égoïsme. Le partage quand il est appliqué efface la cupidité et l'envie. Si il n'y a plus de cupidité ni d'envie, il n'existe plus de jalousies... Le partage est synonyme d'égalité, si il y a égalité entre tous, La soif de pouvoirs et de dominations ne peut plus s'imposer et n'offrent plus d'intérêts...

La volonté de partages n'est pas seulement dans le matériel, elle génère l'intérêt que l'on porte à l'autre dans un souci d'équilibre qui mène à l'harmonie entre tout ce qui est vie.
La préoccupation première de tout individu doit être le respect de la nature dont on est tributaire et donc redevable. S'en inspirer... Entretenir la biodiversité en ayant conscience que sans elle nous n'existerions pas...
Nos conceptions de vie doivent être basées sur une volonté d'intégration de l'humain, dans l'équilibre naturel de notre écosystème et non espérer que l'écosystème s'adaptera à l'homme...
Transformer notre folie inconscience, en une responsabilité dont nous prendrions la pleine mesure.
Cela aussi fait appel à la notion de partage et de solidarité.
Notre référence dans toutes décisions, si nous voulons croire en un possible avenir, doit être l'équilibre naturelle de cette planète.
C'est dans cette forme de pensée qu'il y a un avenir possible pour l'humain...
Nn.

samedi 27 mars 2010

Espoir pour un devenir.
Peut-être changerons nous le cours de notre évolution...??? Difficile de savoir si les humains que nous sommes, auront cette prise de conscience impérative et la mettront en oeuvre...
Une nécessité d'agir et d'agir vite avant que notre sort soit irrémédiablement scellé. Surtout aurons nous la volonté de dépasser ces schémas qui nous ont été inculqués depuis des millénaires. Sortir d'un système qui montre ses limites pour passer à une autre compréhension de ce que peut être la vie humaine sur cette planète.

Passer de ce qui passe pour une utopie à une volonté collective de changement bien réelle...

La pollution, le non respect de la nature, les guerres, l'avidité, les profits sans cessent recherchés, l'égoïsme, ce besoin à tous les niveaux de posséder et surtout le refus de regarder la réalité d'un monde décadent, qui génère la misère sous toutes ces formes...
Tout cela vous le constatez au quotidien...
On va dans le mur !!! affirment certains. Ouvertement ou tacitement, dans les grandes lignes, vous êtes de leurs avis.
Pourtant vous acceptez ces états de faits...???
Pourquoi ??? Vous n'avez pas la solution... Vous vous en remettez aux gouvernants ? A ceux qui ont le pouvoir ?
Il vous faut prendre conscience que vous n'avez rien à espérer de personnes qui ont été formatées par le système pour perpétrer ce système et rien d'autre. Ils ne peuvent sortir de ce conditionnement parce qu'ils ne connaissent que celui là....
On ne peut espérer qu'un puits de pétrole fournisse une solution aux problèmes de pollutions, alors qu'il en est lui-même la cause...???
Il nous faut se tourner vers d'autres formes de conceptions de vie pour que nous puissions espérer en un avenir.
C'est par la recherche de la quintessence de l'être humain et sa reconnaissance, que naîtra l'homme tel qu'il doit être... Il aura en lui, de manière naturelle, le respect de la vie sous toutes ces formes. L'objectif premier sera la recherche d'un équilibre entre tout ce qui est vie pour atteindre l'harmonie entre ce que nous sommes et ce qui nous entoure. Cela ne pourra se faire qu'en intégrant les valeurs que sont; le partage, la solidarité.

Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux dirigeants de ce monde. Mais comprendre que la solution pour un changement radical ne peut venir de ces hommes et de ces femmes qui sont formés, programmés , pour faire avancer un système.
De part leurs formations et leurs conceptions de société qui est basées sur le profit et uniquement sur le profit, vous comprendrez aisément que la perspective d'autres éventualités basées sur une priorité absolue, que sont les valeurs humaines dans une conscience de nos responsabilités d'humains, ne peut avoir aucun crédit auprès d'eux... Les dirigeants de ce monde qu'ils soient politiciens ou financiers, sont formés, conditionnés, programmés, pour faire avancer le système dans lequel nous vivons. Ils sont comme ces ordinateurs qui n'ont pas de programmes de remplacement...
Ce programme de remplacement, c'est à nous de le concevoir, de l'inventer, de l'imaginer... C'est aux être humains, par le dialogue, dans un partage d'idées, de redéfinir ce que peut être une évolution bénéfique de la vie sur cette terre...
Posez vous cette question;
Qu'elle doit être notre priorité ? cette société ? ou la vie ?
Certains proclament que l'on peut se sacrifier pour un idéal... Mourir pour son pays...
Il est pourtant une évidence qui petit à petit fait son chemin.

Le temps des martyres est révolus...

C'est par la prise de conscience de ce qu'est la vie, que naîtra l'harmonie et le bien être de tous.
Nn.




dimanche 28 septembre 2008

Rouge tourments...

C'est dans les yeux de la misère, que j'ai puisé cette phrase que l'on trouve souvent au détour de la rue des laissés pour compte.

"A chacun sa traversée du désert"

Les embûches de la vie engendre bien des tourments. Tourments qui ne sont pas toujours dus à l'absence du minimum vital. Existe aussi la détresse des ressentis, des sentiments...
Ces moments où les marées de l'angoisse créent le grain de la misère morale... Descente aux enfers d'une solitude inconsciemment provoquée.

Comment exprimer cette détresse ? Ce vide intérieur qui vous plonge dans un gouffre sans fin.

La violence qui saignent le papier peut être un placebo. Parfois une thérapie exutoire...

Puiser l'inspiration dans cette douleur intérieur.....

Détresse.
Le ciel est agité, le ciel est tourmenté.
Mon ciel est déchiré, mon ciel est éclaté.
L'orage gronde, l'orage est menaçant.
Mon orage est sombre, mon orage est imminent.
Les éclairs aveuglent, les éclairs font peurs.
Mes éclairs sont destructeurs, mes éclairs sont dévastateurs.
La pluie se fait averse, l'averse se fait tempête.
Le tonnerre fait sursauté, le tonnerre inquiète.
Mon tonnerre est rageur, mon tonnerre est imposant,
plus aucune valeur, me noyer dans mon sang.
La tempête s'installe, la tempête s'emballe,
la tempête grandit, la tempête détruit.
Dans ma tête l'apocalypse, dans ma tête la folie.
La rage au coeur, la rage dans mes veines,
défier la peur, hurler toute ma haine.
L'envie de châtier, me détruire sans pitié,
rien pour m'arrêter, nourrir ma violence,
plus rien n'a de sens, juste... l'espace du silence...

Soudain l'éclipse... Surprenante, inquiétante.
Plus rien ne bouge. Plus que du rouge...
Comme l'eau qui fuit dans le caniveau,
dans ce vide intérieur, coule la rancoeur,
déverse son insolence, brûle ma peau,
dernière violence, dernier soubresaut.
Je ne suis pas apaisé !!! j'invoque le ciel !!!
que le diable m'inonde de tout son fiel !!!
que la foudre me foudroie, que l'exorcisme soit !!!
que les éléments se déchaînent, et brisent enfin mes chaînes !!!
ma colère n'a d'égale que ma capacité d'aimer...
Il me faut les dominer, sous peine de sombrer...
Nn.


vendredi 9 novembre 2007

Raspoutine.

-Perdu, le regard perdu, il fixe un imaginaire présent. Il avance, il avance traînant sa désespérance. Les bras croisés sous son blouson nous adresse un message;
ne vous inquiétez pas je ne demande rien ! je ne fais que passer, je ne suis pas là, je ne suis plus là...

-De loin j'aperçois une dame à l'angle d'une rue qui semble attendre quelqu'un. Mes pas me mènent à sa hauteur. Je m'aperçois qu'elle n'attend personne, juste un peu de générosité, une petite pièce...

Que fait elle là ? Cette femme est comme une erreur dans la palette de cette rue. Une impossibilité, une aberration qui trouble ce qui doit être. Bien mise, digne mais sans excès, avec une angoisse dans le regard qu'elle cherche courageusement à dissimuler. Rien dans sa silhouette, dans son comportement, ne la différencie des autres passants. Je me sens déstabiliser, agresser par cette nouvelle forme de misère. Comme tous les hypocrites que nous sommes, je m'empresse de chasser cette vision.

-Sans un mot, à une distance de trois ou quatre mètres, juste avec les mains, il mime le geste. Le geste de rompre le pain. Les joues creusées, édenté, il suggère à un passant de partager le sandwich que celui-ci mord à pleines dents...

-Un grand père aux cheveux blancs, à la voix grave, reprend des airs d'avant guerre. Devant lui, une pancarte. A CHACUN SA TRAVERSÉE DU DÉSERT.

-Un jeune couple, assis à même le sol, au look punk, se désintéresse de ce qui se passe autour d'eux. lui, roule une cigarette. Elle, fixe les doigts engourdis qui s'affairent maladroitement. Le côté provocateur semble bien dérisoire et s'efface devant l'évidence. Les vêtements élimés, la légèreté de leurs tenues malgré le froid, sont plus choquants que le symbole marginal dont ils se réclament.

-Une terrasse de café. Malgré la température peu clémente, un timide rayon de soleil, en ce début d'après-midi, incite les badauds à s'installer. Toutes les tables sont occupées. Les boissons chaudes font l'unanimité. Seules deux femmes se restaurent. Un déjeuner qui pourrait être un goûter, vu l'heure déjà bien avancée. L'élégance et la bonne humeur de ces deux jolies trentenaires sont comme un compliment à la clémence d'un ciel qui, peu à peu se nappe de bleu.
Sa démarche fait penser à celle d'un automate. Il avance en se balançant de droite à gauche, aussi régulier qu'un métronome. Sa progression est lente, lente mais déterminée. Une volonté évidente qui ne veut pas céder au handicap, à la douleur. Ce balancement est d'autant plus ample que l'homme est grand. Le rouge qui teinte le blanc des yeux dénonce un mauvais état de santé. Malgré cela, de part sa stature, l'homme est impressionnant. Une force naturelle émane de ce personnage. Les cheveux longs, la barbe hirsute, pourrait lui donner un air inquiétant, mais il n'en est rien. Un sentiment de résignation se dégage de ce regard qui contraste avec cette allure de raspoutine. D'une voix qui se veut discrète, le colosse tente sa chance auprès d'un client qui lit son journal. Il quémande une cigarette qui lui est refusé. Sans insister il reprend sa progression. Après une brève hésitation, il se risque auprès des deux jolies femmes.
Avec naturel et sans aucune once d'inquiétude, la plus brune de ces deux rayons de soleil, lui indique qu'elle n'a que du tabac. D'un signe de tête affirmatif, le géant signifie à la belle qu'il est intéressé. Elle lui tend une quantité non négligeable de ces feuilles séchées. Deux marches séparent cette femme et cet homme. Le pauvre bougre explique qu'il ne peut franchir ces obstacles. La dame se lève, descend les deux marches et lui remet le précieux mélange dans la main. Comme si un événement incongrue troublait la bonhomie, la quiétude du moment, toutes les attentions, sans aucune discrétion, se sont focalisées sur ce petit fait, sur ce simple geste de compassion. l'insistance des regards sur cette scène avait quelque chose d'insolent, d'indécent. Une insulte envers cet homme. Une dignité bafouée. Raspoutine s'en est allé, traînant sa misère, avec la même hargne, la même détermination à ne pas céder à la douleur. J'ai ressenti une profonde tristesse mais aussi de la honte. Honte pour moi, honte pour eux, honte pour cette société. Honte d'en faire parti.


Ces évènements je les ai vécus dans la même rue, sur une centaine de mètres et en moins de quinze minutes...

samedi 3 novembre 2007

Le petit noir.

Dix sept heures! j'évite, j'esquive, j'allonge le pas chaque fois que c'est possible. Comme dynamisé par la foule, je me presse. Je réalise soudain, avec un certain amusement, que je me laisse gagné par une fièvre, contre laquelle je suis pourtant, momentanément immunisée. Fourmi parmi les fourmis, j'ai ce rare privilège, en ce jour de novembre, de ne pas être obsédé par le quart d'heure qui suit. Rien dans mes perspectives de cet fin d'après-midi ne justifie cette soudaine frénésie. Le froid qui sévit doit être le facteur inconscient qui me pousse à m'activer. (Une mauvaise excuse pour ne pas admettre que je suis comme mes autres congénères, conditionné, façonné, endoctriné, par une société du toujours plus et surtout plus vite.)
Les caprices d'une bise glaciale me font admettre qu'une boisson chaude serait la bienvenue. Je me décide et me laisse séduire par cette option. Je pénètre dans la première brasserie que je trouve sur mon chemin. Je suis tout d'abord surpris par le faste de ce lieu. Vaste salle au plafond très haut, ornée de moulures dorées. Un lustre à la majesté imposante règne en maître incontesté sur l'espace et la décoration. Datant sans doute du début du siècle passé, voir fin 19 ème, on ne peut qu'être admiratif par l'état de conservation de l'ensemble. Pour un tel résultat, le propriétaire ne peut être qu'un amoureux de ces lieux. Mais comment ne pas être séduit par une telle architecture ? Des miroirs le long des murs augmentent cette impression de grandeur.


Peu de places assises libre. Concentration de quidams qui s'accordent un moment de détente, après une dure journée de labeur, avant de replonger dans l'obsessionnelle course contre le temps. Dans le fond de la salle, un large escalier mène à une mezzanine qui surplombe le tout et vous permet d'apprécier de plus près, le talent et le savoir-faire de nos anciens. C'est là que je trouve un petit espace pour poser ma modeste personne. A ma droite un homme seul, semble dubitatif devant une missive dactylographiée. (eh oui ! je m'imprègne de l'atmosphère de la belle époque) Plume à la main, il semble manquer d'inspiration pour répondre ou commenter ce texte. A ma gauche, un homme aux cheveux grisonnants, déploie mille arguments pour convaincre une toute jeune femme des avantages et bienfaits qu'elle pourrait tirer, en s'investissant en politique. Je me dis que malgré son jeune âge, cette charmante demoiselle doit avoir un gros potentiel, pour qu'un monsieur qui semble avoir des responsabilités en la matière, déploie autant d'énergie pour rallier à sa cause cette Ségolène en herbe.( si toutes fois il s'agit du parti socialiste...?)


A la table située devant moi, deux femmes s'installent. La personne qui me tourne le dos peut apercevoir ma silhouette se refléter dans la glace qui lui fait face. Jolie brune au visage sans expression. Il est curieux, comme un regard échangé avec une inconnue, peut vous intriguer. Vous, je ne sais pas, mais moi je ressens souvent une certaine frustration de ne pas avoir la faculté de lire, pendant ce bref instant, dans les pensées de l'autre. (peut-être, me direz vous, qu'il est préférable de ne pas savoir, sous peine de déconvenues) Certes! mais je ne peux m'empêcher, chaque fois, de me poser cette question.
-Quelles réflexions se font les femmes, au moment précis où leurs yeux croisent les vôtres...?
La réaction est forcément différente en fonction de la personne et de son humeur. C'est sans doute cela qui pimente la situation. Ce mystère restera entier et c'est sans doute mieux ainsi. Je reviens à ma réalité et à cette jolie femme brune. Absorbée par la conversation qu'elle entretient avec son amie, j'imagine qu'elle ne sait pas arrêter à ce genre de considérations. (là, je ne prends pas de risques!) Pour éviter tous malentendus, je concentre mon attention sur les allés et venus. Un brouhaha sourd, presque contenu, me fait penser, je ne sais pourquoi, à un hall de gare. Le volume de ce lieu doit y être pour beaucoup. Un serveur, chemise blanche et petit gilet s'affaire méthodiquement. Gestes nerveux, mais très professionnels. Un coup d'oeil dans ma direction, et il se précipite.

-Et pour monsieur ?

-Un petit noir, s'il vous plaît !